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Le réseau pour la gestion durable des forêts cultivées.

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AQUITAINE

 

A – CADRE POLITIQUE POUR LA GESTION DURABLE DES FORETS EN AQUITAINE

En Aquitaine, du fait de l'existence d'une forêt privée à 92% et de l'importance économique considérable des filières forêt-bois-papier, la réflexion politique pour la gestion durable est un processus engagé de longue date. Elle est principalement animée par l'interprofession, à laquelle s'associe un secteur de la recherche solidement implanté en Aquitaine et diversifié dans ses programmes d’action.

1 – La politique forestière de l'Etat en Aquitaine

Dans le courant de l'année 2000, les premières Orientations Régionales Forestières ORF d’Aquitaine (qui sont les lignes directrices de la politique forestière nationale dans les régions) ont été transmises pour validation au service forestier du ministère de l'agriculture en région SERFOB.

Les 3 axes prioritaires de la politique forestière en Aquitaine sont les suivants :
  • Améliorer la gestion de la ressource et la reconstitution des massifs post-tempête.

  • Maîtriser les risques pour préparer l'avenir (notamment la gestion de la biodiversité).

  • Dynamiser la filière bois.

2 - La genèse du processus pour la définition et l'évaluation de la gestion durable des forêts

Dès 1996, à la demande de l'interprofession régionale, des groupes de travail ont été constitués pour consulter des experts de tous horizons (scientifiques, universitaires, historiens, économistes) afin de renseigner sur les aspects de l'activité forestière sur le massif Gascon et sur leurs impacts pour le milieu naturel et humain.

Les résultats et les analyses de ces consultations ont été présentés lors du colloque organisé par l'Association pour la Recherche sur la Production Forestière et le Bois en Région Aquitaine ARBORA, intitulé " De la gestion au développement durable " et qui s'est déroulé à Bordeaux en novembre 1997.
Il a permis de dresser le bilan des connaissances de l’époque sur le suivi des critères d'Helsinki en Aquitaine.

En février 1999, le Conseil Interprofessionnel des Bois d'Aquitaine CIBA publie l'état de la situation de la forêt des Landes de Gascogne au regard des critères et indicateurs de gestion durable définis par la conférence d'Helsinki. Il s’agit d’un rapport présentant les engagements pour la gestion durable des forêts du massif landais.

3 - La Charte pour la gestion durable de la forêt des Landes de Gascogne

Dans le contexte de la définition des nouveaux enjeux pour le massif des Landes de Gascogne (gestion des risques liés à la monospécificité, gestion des risques induits par la pression touristique et notamment les feux de forêts, gestion des grands équilibres biologiques sur le long terme, etc.) et dans le cadre de la mondialisation des échanges commerciaux et des demandes sociales et patrimoniales de la forêt, tous les organismes aquitains concernés ont signé la " Charte de gestion durable " en mai 1999.

Elle présente l'engagement politique des acteurs des filières forêt-bois-papier, de l’Etat et des associations de protection de la nature d'Aquitaine, dans la gestion durable du massif landais. Cette démarche était largement plébiscitée par les industriels de la seconde transformation, en réponse aux demandes sur le marché international de bois issus de forêts gérées durablement.

 

B – CONSULTATION ET INFORMATION POUR LA GESTION DES FORETS

1 – les processus aquitains de consultation forestière

Pour la rédaction des ORF, aux côtés des établissements publics (SERFOB, DDAF, ONF et CRPF), des représentants de la propriété forestière et des professions sylvicoles, des représentants des professions du bois, et des représentants des intérêts associés à la forêt (Parc Naturel Régional des landes de Gascogne et SEPANSO) ont constitué la Commission Régionale des Produits Forestiers et du Bois.

Cependant, les ORF offrent une grande marge de manœuvre pour la gestion des forêts, qu'elles soient privées ou publiques. L'aspect consensuel des ORF constitue davantage une déclaration politique du caractère durable de la gestion pratiquée, qu'une véritable intégration des divers intérêts locaux aux pratiques réalisées en forêt.

En effet, l’ONF ne propose pas aux élus des communes concernées, ou encore aux usagers de l’espace à gérer, de participer aux processus de rédaction du document d’aménagement mais ils doivent l’approuver.

En forêt privée, les CRPF transcrivent les ORF en SRGS en interne.

2 – Les documents aquitains présentant l'importance des activités forêt et bois

  • Les données sur la ressource forestière
L'IFN a réalisé 4 cycles d'inventaire sur la région aquitaine. Le quatrième cycle pour la Gironde (1998) a été réalisé juste avant la tempête de décembre 1999. Du fait des dégâts importants qu'a connu ce département, l'IFN y a entrepris un cinquième cycle. Les acteurs disposerons ainsi d'une évaluation précise des effets de la tempête de 1999.

De plus, depuis octobre 2001, sur la base des estimations des volumes de bois consommés par l'industrie et des volumes estimés de chablis, l'IFN a actualisé l'ensemble des données d'inventaire des départements aquitains.
Retrouvez toutes les données sur la ressource aquitaine post-tempête à l'adresse : http://www.ifn.fr/pages/fr/tempetes/cartes-dispos.html

  • Les données sur l'économie du secteur lié à la forêt en Aquitaine
Le SCEES et la DRAF d'Aquitaine réalisent chaque année une enquête économique de Branche traitant de l’exploitation forestière et des scieries.

  • Les données sociales du secteur forestier aquitain
Agreste-Aquitaine, le service de statistiques de la DRAF Aquitaine a réalisé une enquête sur la structure de la forêt privée en 1999. En août 2001, il a publié le document " la forêt privée en Aquitaine : un patrimoine entretenu " qui présente les caractéristiques foncières, des propriétaires forestiers aquitains et de leur dynamisme forestier.
La fréquence de la réalisation de cette étude, dont les résultats sont précieux pour définir et évaluer des politiques de gestion durable, est malheureusement apériodique.

Sur ce thème, on peut également mentionner que, dans le courant de l'été 2002, l'IEFC pilotera la réalisation d'une enquête sociologique sur la perception de la forêt par les acteurs professionnels et par l’opinion publique du grand sud-ouest européen, Aquitaine inclue.

 

C – LES MESURES POUR LA GESTION DURABLE DES FORETS

1 - Les incitations économiques à l'investissement et à la gestion forestière

  • La Société de Développement de l'Economie Forestière SODEF
A l'instigation du Syndicat des Sylviculteurs du Sud Ouest SYSSO, et avec l'aide de l'Etat et du Conseil Régional, la SODEF a été créée dans le courant des années 1990. Elle propose à ses actionnaires des produits financiers adaptés aux caractéristiques forestières, et que les autres banques ne couvrent pas : travaux forestiers, opérations de restructuration du foncier ou relais dans l'attente de subventions forestières. Par exemple, pour les opérations sylvicoles, elle propose des prêts à taux réduit (2% depuis février 2002). Une banque est associée à la procédure pour gérer les prêts.

Il s'agit d'un cas unique en France.

Avec la création par la LOF des Sociétés d'Epargne Forestière SEF (les décrets d'application n'étaient pas encore publiés en janvier 2002), le ministère de l'économie et des finances a remis en question l'existence de la SODEF. Des discussions sont actuellement en cours pour éviter sa disparition. En effet, les 2 structures peuvent très bien cohabiter en Aquitaine, puisque les SEF seront des structures de placement, alors que la SODEF est une structure favorisant l'investissement.

  • Les subventions à la sylviculture en Aquitaine
Dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006, les aides accordées par l'Etat à la sylviculture sont notoires.

En se référant à des coûts de base réalistes pour les opérations éligibles, il est proposé aux sylviculteurs de résineux, des aides allant de 40% (boisements et reboisements) à 50% (amélioration des peuplements existants et travaux d'équipement forestier). L'établissement d'un PSG pour des surfaces inférieures à 50 ha est pris en charge pour 50% par la région Aquitaine.

  • Les subventions "spéciales" ouragan de décembre 1999
Suite à la tempête de décembre 1999, et dans le cadre du Plan National de la Forêt Française (ou Plan Chablis, publié le lendemain des tempêtes et dont le détail est précisé à l'adresse http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/projet_de_loi.pdf, pour les opérations de nettoyage des parcelles sinistrées et de reconstitution des forêts touchées, les sylviculteurs aquitains se voient proposer des aides "spéciales", distinctes des aides précédemment citées.

Les mesures ont été précisées durant le mois de novembre 2001. L'Etat accorde une aide substantielle par hectare, équivalente à 80% du coût forfaitaire, à partir de 1 ha et modulable selon le taux de sinistre et les essences considérées. Ces subventions sont allouées en contrepartie de garanties de qualité des interventions, et de gestion des peuplements.

Pour inciter les acheteurs de bois à s’approvisionner dans les chablis, des mesures d’aide au transport ont été mises en place. Elles ont permis l’approvisionnement en grand nombre des industries du bois et du papier d’Espagne et du Portugal.

Cependant, le gouvernement a décidé l’arrêt des aides au transport pour le 31 décembre 2001, même pour les zones les plus sinistrées comme le Médoc où entre 5 et 6 millions de m3 étaient encore à terre en janvier 2002.
De plus, les sylviculteurs ont du avancer les coûts des travaux, dans des conditions d'arrêtés préfectoraux contraignant au nettoyage des parcelles pour des raisons de prévention des risques sanitaires et incendies. D'ailleurs, en janvier 2002, les aides prévues n'ont pas encore été versées en intégralité.

Les plus grands propriétaires forestiers du massif landais ont pu se relever et panser les plaies de leurs forêts, mais un tel ouragan est plus difficilement surmontable pour des petits propriétaires ne disposant pas toujours d'une trésorerie et d'une volonté suffisante. On comprend alors la pression qu'a pu exercer le SYSSO sur le gouvernement lors de l'élaboration de la LOF, pour rendre de la compétence du préfet le seuil départemental d'autorisation de défrichement, et aussi pour la création d'instruments d’aménagement foncier plus accessibles pour favoriser le regroupement.

2 - Les stratégies pour la gestion forestière suite aux tempêtes

En Aquitaine, l'ouragan de décembre 1999 a mis à terre 34 millions de m3, un volume considérable de bois. Une telle calamité a suscité une réflexion de fond sur les orientations de gestion souhaitables pour le massif des Landes de Gascogne.

Pour simplifier le débat, 2 orientations se distinguent. Elles peuvent toutes 2 cohabiter à l'échelle du massif. Pour les 2 positions, la fonction de production de bois doit au minimum être maintenue.

La première, pilotée par l'AFOCEL, est la réduction de la durée de révolution du Pin maritime, principalement dans les zones où le temps de retour de tempêtes est faible. Cette position peut se résumer par la réalisation d'une sylviculture destinée à la fourniture de bois pour l'industrie de première transformation. Dans le contexte d'une approche marchande de la forêt, la mise en œuvre d'une sylviculture de type intensif (amélioration génétique, densités de plantation plus élevées, apports de fertilisants minéraux, travail mécanique du sol) induit de nombreuses questions quant à la durabilité du système forestier, et notamment sur le bilan azoté.

La seconde consiste en la promotion de la biodiversité à l'échelle du massif. L'INRA réalise actuellement un programme de recherche sur le traitement des lisières, et un autre sur l'introduction de feuillus sur le massif. L'objectif guidant ces travaux est la limitation des impacts (inévitables en cas de grands vents), et la répartition des risques sur le massif, dans une approche territoriale de la durabilité.

Les débats et les programmes de recherche sont engagés.

3 - L'appui aux propriétaires forestiers aquitains

Pour son accompagnement technique, le sylviculteur aquitain dispose d’un grand nombre de techniciens, de publications et de conseillers.

Naturellement, il peut compter sur les techniciens du CRPF aquitain. Mais aussi, la puissance économique d'un secteur privé omniprésent en Aquitaine a induit la création d'un organisme de développement parapublic animé par les sylviculteurs, le Centre de la Productivité Forestière d’Aquitaine CPFA. Comme un CRPF, il réalise des documents de vulgarisation technique et des journées de formation auprès des professionnels.

Le SYSSO offre à ses adhérents les services d'une équipe de fiscalistes et de juristes

Enfin, les coopératives forestières comme la Coopérative Agricole et Forestière Sud Atlantique CAFSA, fournissent également de l’appui technique à leurs adhérents.

4 - La défense des forêts contre les incendies

  • La prévention en Aquitaine
En Aquitaine, la prévention des incendies de forêt repose sur un système fédérant les sylviculteurs de façon obligatoire.

Depuis l'ordonnance du 28 avril 1945, les Associations Syndicales Autorisées de Défense des Forêts Contre l'Incendie (ASA de DFCI) sont obligatoires dans le périmètre des Landes de Gascogne. Chaque sylviculteur y participe en payant une cotisation de l'ordre de 2,3 €/ha/an, ce qui permet le financement des travaux d'aménagement nécessaires : ouverture et entretien de pistes et de pare-feu, création et entretiens de ponts et de points d'eau, etc. Elles ont permis le quadrillage efficace du massif Gascon (3 à 4 km de pistes pour 100 ha), la construction et l'entretien de 1.200 points d'eau et aussi la construction de 46 tours de guet.
Les collectivités territoriales et l'Union Européenne participent également financièrement à ces actions.

L'Aquitaine compte 250 ASA de DFCI, animées et gérées chacune par 6 à 12 sylviculteurs bénévoles. Egalement, depuis 1992, l'Association Régionale ARDFCI fédère les actions entre les 4 Unions Départementales de DFCI. Consultez les stratégies et les actions de la DFCI en Aquitaine sur le site http://www.feudeforet.org

L'ARDFCI a réalisé un SIG-DFCI unique en France, améliorant le système de prévention et de prévision des risques, et reliant entre eux les partenaires publics locaux et les Unions de DFCI. Grâce au repérage des parcelles, des équipements de prévention et des voies d'accès par GPS, le SIG-DFCI favorise la connaissance du milieu, l'analyse du risque, la préparation des programmes de travaux, la gestion des équipements de prévention, et la gestion opérationnelle de la lutte active.

  • La lutte contre les incendies en Aquitaine
Depuis 1996, les Centres de Secours, répartis sur l'ensemble des départements et qui réalisent les actions de prévention (surveillance), de protection et de lutte contre les incendies, sont coordonnés localement par les Services Départementaux d'Incendie et de Secours SDIS.
Le Centre Interrégional de Coordination de la Sécurité Civile CIRCOSC, pilote les interventions de lutte contre les incendies, entre les SDIS, ainsi qu’aux niveaux régionaux et interrégionaux. Il mobilise également les moyens humains et aériens pour l'extinction.

 

L'ensemble de ce dispositif de DFCI, reposant à la fois sur un engagement direct des sylviculteurs et sur une répartition fine sur le territoire des unités de sapeurs pompiers, a permis de réduire la surface moyenne sinistrée jusqu'à moins de 1 ha. La surface brûlée chaque année sur le massif Gascon est aussi descendue à moins de 1000 ha. Nous sommes loin des 400.000 ha brûlés en 1949 !.

Toutefois, la forte croissance de la pression touristique sur le massif landais est corrélée à une augmentation du risque de départs de feux. Les acteurs de la DFCI aménagent le massif landais pour intervenir sur de petits feux. Le massif landais ne connaît pas en son sein de grandes lignes de coupure de combustible, et reste donc vulnérable les rares fois où la stratégie d’extinction immédiate échoue.

5 - La promotion du bois

Le dynamisme très fort du secteur de l'industrie du bois en Aquitaine permet le développement d'une politique active de promotion de cet éco-matériau dans la région.

Le Conseil Interprofessionnel des Bois d'Aquitaine CIBA est l'outil de communication de la filière forêt-bois en Aquitaine. Il participe à de nombreuses initiatives régionales, comme par exemple le développement du processus régional de certification de la gestion durable des forêts.

Un certain nombre d'actions plus localisées renseignent également sur le dynamisme de la promotion du matériau bois en Aquitaine.

Citons par exemple les activités du district de la Communauté de Communes de Mimizan qui développe un site Internet pour la promotion du bois de Pin maritime du massif Gascon (adresse http://www.mediaforest.net).

Egalement, le SYSSO, l'USSE et le CPFA organisent tous les 2 ans en Aquitaine, le salon international des professionnels de la sylviculture et de l'exploitation forestière "Forexpo", qui réunit les acteurs professionnels de la forêt cultivée "de la graine à la grume".
Site Internet de l'édition Forexpo 2002 qui aura lieu au mois de juin : http://forexpo.mediaforest.net/

6 - La gestion du public en forêt

L'Aquitaine possède une véritable tradition touristique puisqu'elle accueille chaque année près de 5 millions de visiteurs. Autour de la forêt (qui couvre près de 45% de la superficie régionale) se développe une stratégie d'accueil du public, stratégie qui se doit d’avoir le moins d’impact possible sur le milieu naturel.

Pour ce qui est du massif des landes de Gascogne, 88% des propriétaires aquitains donnent un accès libre à leurs parcelles. De plus, un réseau dense de pistes cyclables traverse tout le massif. Toutefois, la croissance de la fréquentation touristique de la région entraîne de nouveaux risques pour la gestion durable, ce qui tend à la méfiance des sylviculteurs. La LOF introduit la possibilité de contractualisation de certaines tâches dans le cadre de l'ouverture de la forêt privée au public.

Le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, créé en 1970 et qui couvre plus de 260.000 ha principalement forestiers et privés, développe des activités d'accueil et de sensibilisation du public au thème forestier, notamment par l'intermédiaire de l'écomusée de la Grande Lande.

L'ONF aménage les zones d'accueil du public autour des plages (forêts et dunes du domaine) selon un plan d'aménagement, dit Plan-Plage. Il planifie la construction de sites de stationnement pour les véhicules des visiteurs, de sentiers pédestres, de clôtures, d'aires pour la restauration, etc.

Enfin, l'Etat, au travers de la Mission Interministérielle d'Aménagement de la Côte Aquitaine MIACA a permis une politique conservatrice des milieux naturels, en limitant le développement des activités humaines sur le littoral aux seules stations balnéaires.

7 - La formation professionnelle et le secteur de la recherche/développement

  • La formation forestière en Aquitaine
En région Aquitaine, les structures pour la formation aux métiers de la forêt et du bois sont bien implantées (de la formation initiale et continue, jusqu’à la formation supérieure).
Depuis l’année 2000, l'université Montesquieu de Bordeaux IV délivre un Master "Environnement et développement sylvicole, gestion de la forêt cultivée".
Il existe une véritable volonté régionale de former les acteurs du développement forestier.

Enfin, le Centre de Productivité et d'Activités Forestières CPFA réalise des sessions de Formation à la Gestion Forestière FOGEFOR, destinées aux propriétaires forestiers pour les sensibiliser aux principaux aspects de la gestion de leur propriété : conduite des peuplements, commercialisation des bois, questions juridiques et fiscales, connaissance des institutions et des organismes professionnels.

Pour le massif Gascon, le programme du FOGEFOR est géré par le SYSSO, grâce à des financements de l'Etat, de la Région et des propriétaires.

  • L’activité de recherche/développement forestière en Aquitaine
L'Aquitaine est une région richement pourvue en organismes forêt et bois de recherche et de développement publics (INRA, CEMAGREF), parapublics (AFOCEL, CTBA), universitaires (LRBB, Institut du pin), animés par les sylviculteurs (CRPF, IDF, CPFA) et encore privés (Smurfit et DRT sur la gemme).

Notons qu’en Aquitaine, les organismes de recherche travaillant sur la forêt, le bois et ses dérivés sont réunis au sein d’une association qui regroupe aussi des propriétaires et des industriels, ARBORA.

Enfin, du fait de l’importance des moyens de recherche disponible sur la zone, 3 Groupements d’Intérêt Scientifique GIS forestiers sont constitués en Aquitaine.
- GIS " Pin maritime du futur ". Depuis 1995, il travaille à l’amélioration génétique du pin.
- GIS " coopératives de données " sur pin maritime. Il a mis en place un réseau expérimental, pérenne et multistationnel dans le périmètre du massif Gascon et dans le but de mieux connaître l’influence des techniques sylvicoles sur la production du pin maritime.
- GIS " Observatoire des forêts d’Aquitaine ". Il vise à définir et évaluer des indicateurs régionaux de gestion durable. Nous nous intéresserons plus précisément à ses activités par la suite.

Dans le domaine du développement, on peut citer que depuis septembre 2000, l’association " Chêne et Vin " travaille à la promotion du chêne du sud-ouest dans la tonnellerie. Pour cela, elle tisse un réseau de forestiers, de tonneliers et d’œnologues, intéressés par l’approvisionnement en bois de chêne d’une future AOC " Chêne du Sud Ouest ", telle qu’elles sont désormais permises par la Loi forestière. L’association développerait alors un guide de bonne gestion forestière spécifique, ainsi qu’un schéma garantissant la traçabilité des bois. A suivre…

 

D – LA MISE EN PLACE DU RESEAU NATURA 2000 EN AQUITAINE

En Aquitaine, environ 7.000 ha de forêts privées étaient déclarés en SIC à la fin de l’année 2001. Dans les Pyrénées et sur le cordon littoral, une plus grande surface de forêts domaniales et communales sont cataloguées en SIC. Ces forêts sont déjà aménagées par l'ONF dans le but de remplir des fonctions de protection et de conservation.

Le CRPF Aquitaine, en collaboration avec la Direction Régionale de l'Environnement DIREN, a réalisé un guide de reconnaissance de la faune et de la flore et mettra bientôt en place des parcelles expérimentales (vallée du Cirons, vallée de la Leyre) destinées à tester différentes orientations de gestion sylvicoles. Les résultats permettront aux comités de pilotage Natura 2000 de disposer de références scientifiques et pratiques pour la réalisation des documents d'objectifs des sites les concernant.

On peut préciser que le CRPF Aquitaine ne participe directement à aucun comité de pilotage Natura 2000, afin de ne pas se retrouver en position délicate. En effet, qu’adviendrait-il dans le cas de l’agrément de PSG alors que dans le même temps le CRPF a reconnu certaines pratiques inadéquates pour les sites Natura 2000 ? Le CRPF Aquitaine joue donc un rôle de conseil pour les propriétaires forestiers participant aux comités de pilotage Natura 2000, un rôle traditionnel de CRPF en quelque sorte.

Enfin, comme dans l’ensemble des régions françaises, la mise en œuvre du réseau Natura 2000 en Aquitaine est tumultueuse et difficile.

 

E - CRITERES ET INDICATEURS DE GESTION DURABLE DES FORETS

Afin d'éviter de lisser des diversités locales significatives, il convient de mettre en place des indicateurs infrarégionaux de gestion durable des forêts. Ce principe a été énoncé lors de la conférence de Lisbonne en 1998.

1 - L'Observatoire des forêts d'Aquitaine

A l'initiative de la station de recherche de l'INRA de Pierroton en Gironde, la création d'un Groupement d'Intérêt Scientifique GIS dénommé " Observatoire des forêts d'Aquitaine " est actuellement en cours.

La mission de l'observatoire est d'établir des diagnostics fiables et complets sur l'état des forêts d'Aquitaine, en rapport avec les critères et indicateurs de gestion durable, ainsi que de suivre les évolutions que connaît le milieu forestier. Il réunit 8 organismes régionaux de recherche et de développement forestier (ONF, INRA, IFN, CEMAGREF, CRPF Aquitaine, CPFA, AFOCEL et DSF). La réunion de tous ces acteurs doit permettre une meilleure efficacité des actions entreprises et une optimisation des coûts engendrés par la collecte d'une information fiable et pertinente.

2 - les indicateurs régionaux de gestion forestière en Aquitaine

Le massif des landes de Gascogne a été retenu pour la zone atelier de la région Aquitaine. Plus précisément, il s'agit de la " zone atelier de Pontenx-les-Forges " couvrant 80.000 ha de ripisylve et de plantations de pins maritimes et qui a été choisie à l'échelle d'un bassin-versant.

Durant l'été 2001, une étude a été réalisée pour le compte du GIS, afin d'étudier la possibilité de mise en œuvre d'une série d'indicateurs de gestion opérationnels à cette échelle. Elle a permis de préciser les limites des indicateurs jusque là proposés, puisque seuls 41% des indicateurs peuvent être correctement renseignés à l'échelle considérée. Elle a aussi permis de mettre en avant les limites occasionnées par le coût d'une telle opération.

Une discussion est actuellement engagée entre les acteurs locaux et le GIS afin de proposer des indicateurs de gestion durable alternatifs et pertinents pour la zone.
Consultez l'étude : ../../intranet/interreg/ZA_aquitaine_rapportJCsamalens.pdf

3 - Une envergure internationale

Les activités réalisées par le GIS " Observatoire des forêts d'Aquitaine " ont pris une envergure internationale avec l’appui de l'Institut Européen de la Forêt Cultivée IEFC. Dans le cadre de l'évaluation des critères et des indicateurs de gestion durable, l'IEFC coordonne le projet de " zones ateliers " à l'échelle du massif forestier du grand sud-ouest de l'Europe. Ce projet sera prochainement soumis au cofinancement européen du projet INTERREG III B Espace Atlantique.

 

F - LA CERTIFICATION DE LA GESTION FORESTIERE DURABLE EN AQUITAINE

1 – L'enjeu de la certification forestière en Aquitaine

Très tôt, comme nous avions pu le préciser, les acteurs professionnels aquitains se sont mobilisés sur le thème de la certification forestière. L'entité régionale aquitaine a vu le jour en octobre 2000. En Aquitaine, l’importance économique du secteur bois est telle, que les propriétaires se doivent de faire face aux défis imposés par la mondialisation des échanges.

2 – Le processus pour la certification PEFC en Aquitaine

L'entité aquitaine s'est constituée au sein du Centre Interprofessionnel des Bois d'Aquitaine CIBA, autour des sylviculteurs représentés par leur syndicat, des industriels (par la Fédération des Industries du Bois d'Aquitaine FIBA) et de coopératives forestières comme la CAFSA.

En février 2001, l'entité régionale a été agréée PEFC par le comité national. Elle est alors devenue PEFC-Aquitaine. Pour cela, elle a intégré en son sein un collège d’associations de consommateurs et d'usagers (SEPANSO) et d'autres parties pertinentes (Conseil Régional, ARDFCI, etc.).
Le comité PEFC-Aquitaine a élaboré le schéma de certification forestière pour la région Aquitaine.

Parallèlement, dans la réalisation du dossier pour l'accréditation de son schéma de certification, PEFC-Aquitaine a réalisé un état des lieux de la gestion durable des différents massifs de son territoire, selon les critères et les indicateurs pan-européen de gestion durable.

Dans la région Aquitaine, 3 massifs forestiers se sont clairement différenciés, par des caractéristiques naturelles, des enjeux économiques, écologiques et sociaux distincts. Trois documents ont donc été réalisés : le massif des landes de Gascogne, le massif des vallées de la Dordogne et de la Garonne, et le massif des Pyrénées et de la vallée de l'Adour. Ils ont tous 3 été réalisés dans le courant de l'année 2001. Cette caractéristique donnera lieu à l'existence de 3 codes de bonnes pratiques sylvicoles distincts, et donc de 3 façons de se faire certifier PEFC dans la région Aquitaine.
L'état des lieux réalisé en février 1999 et concernant la gestion dans le massif landais ne répondait pas aux critères d'exigences de PEFC-France.

Le dossier pour l'accréditation du schéma PEFC en Aquitaine sera audité dans le courant du premier trimestre de l'année 2002. La rapidité du processus PEFC en Aquitaine renseigne sur l’importance que le secteur professionnel porte au PEFC, par l’apport de crédits.

La promotion du système de certification PEFC auprès des sylviculteurs n'est pas encore réellement structurée. Elle se réalise par l'intermédiaire du SYSSO au travers de sa revue mensuelle intitulée "Forêt de Gascogne".

3 – Vers une démarche de qualité globale

On retiendra que la démarche de qualité de la gestion forestière en aquitaine prévoit l'intégration d'un grand nombre d'acteurs professionnels privés.

Ceci s'explique par le fait que la forêt aquitaine est privée à 92% et que son développement économique est puissant. Les sylviculteurs (CAFSA, SYSSO), les organismes forestiers publics (CRPF) et les intervenants du secteur privé (FIBA, DSF, DFCI) ont été invités à participer à la démarche.

Cette démarche aquitaine constitue un gage de développement durable de la forêt aquitaine, dans le sens où le processus engagé est issu d’une démarche consensuelle, répondant à des caractéristiques locales, et que les responsabilités sont partagées entre les acteurs.

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