Common Forest Pests and Diseases in Europe - Pin-F-7

Armillaire des résineux

Armillaria ostoyae (Basidiomycota, Agaricales)
Synonymes: Armillaria obscura, A. mellea var. obscura, A. polymyces, A. montagnei var. umbrinolutea.

Pourridié Agaric, agent de la maladie du rond.

Arbres hôtes

Principalement le genre Pinus tel que le Pin maritime (Pinus pinaster), le Pin à crochet (P. uncinata), le Pin de Monterey (P. radiata), le Pin sylvestre (P. sylvestris) et le Pin taeda (P. taeda). Cette espèce d’armillaire peut être parasite de faiblesse sur n’importe quel résineux.

Identification

  • Dépérissement brutal quand tout le système racinaire est envahi: éclaircissement de la totalité du feuillage qui vire du vert clair au jaune pâle puis au rouge brun (Photo 1).
  • Sur les arbres morts ou dépérissants, présence du mycélium agrégé (palmettes blanches) sous l’écorce au niveau du collet (Figure 2). Sur les arbres morts de puis longtemps, ces palmettes peuvent se transformer en rhizomorphes noirs.
  • Présence, parfois dans le sol et souvent au niveau du collet des arbres infectés, de rhizomorphes souterrains (cordons noirs en forme de lacets de soulier).
  • En Novembre-Décembre, apparition de carpophores en touffes à partir des palmettes sous-corticales (racines, collet ou tronc des arbres morts, souches (Photo 3)), ou à partir des rhizomorphes souterrains présents dans le sol (Photo 4). Ce carpophore, caractéristique de l’espèce, est brun avec présence de squames brunes sur le chapeau et l’anneau. Son pied est trapu.
  • Des méthodes de détermination spécifique en laboratoire, à partir de rhizomorphes ou de bois contaminé sont maintenant au point.

Dégâts

  • A. ostoyae est un parasite agressif. Souvent il entraîne la mort des arbres sans l’intervention de facteurs de stress.
  • Il attaque des arbres de tout âge. Les pertes dues à ce parasite peuvent être spectaculaires dans les 5-7 premières années du peuplement, (aussi bien en plantation qu’en semi naturel) puis les mortalités régressent avec le temps. Très fréquemment, dans les peuplements adultes, se forment des ronds de mortalités, souvent bordés d’arbres morts ou dépérissants.

Biologie

  • Ce champignon fait partie des agents de pourridié et est un parasite primaire sur pins. Il peut aussi ce comporter en parasite de faiblesse sur n’importe quel résineux mais aussi en saprophyte sur tout type de végétation arbustive (même feuillue).
  • Il se propage d’arbre en arbre par contact racinaire ou par l’intermédiaire des rhizomorphes présents dans le sol. Le rôle de la sporée dans la dissémination de ce parasite est encore mal connu.
  • Après la pénétration des rhizomorphes dans les racines, A. ostoyae envahit son hôte par l’intermédiaire des palmettes mycéliennes.
  • Après la mort des arbres, ce champignon peut survivre dans les souches et les racines sous forme mycélienne pendant de nombreuses années (au moins 50 ans).

Facteurs de risque

  • Cette maladie est fréquente dans les sols pauvres à pH acide.
  • L’incidence de la maladie augmente avec l’augmentation de la quantité de sable dans les horizons superficiels du sol.
  • Ce champignon peut être disséminé par l’intermédiaire des labours.

Méthodes de lutte

Lutte préventive

  • Dans les peuplements présentant des taches de mortalité, réalisation d’un fossé de séquée d’un mètre de profondeur autour de la zone atteinte afin d’isoler les arbres morts et dépérissants.
  • Eviter de disséminer débris ligneux contaminés lors du reboisement ou l’entretien des peuplements contaminés.
  • Reboisement de la zone atteinte en feuillus quand cela est possible.
  • Des méthodes de lutte biologique, prometteuses en expérimentation, ne sont pas encore opérationnelles en forêt.
  • Dessouchage possible avant replantation dans des peuplements très atteints.

Lutte curative

  • Certains fumigants, efficaces contre ce pourridié, sont utilisés en viticulture, arboriculture et horticulture mais ces produits ne sont pas homologués en forêt.
Photo 1 : Mortalités de pins maritimes provoquées par A. ostoyae : dépérissement très rapide du feuillage, jaunissant puis virant au rouge-brun.
Photo 2 : Palmette mycélienne blanc-crème sous l’écorce d’un arbre mort.
Photo 3 : Fructifications (carpophores) apparues à l’automne au collet d’un arbre mort.
Photo 4 : Carpophores d’A. ostoyae apparus au sol, provenant de rhizomorphes souterrains.

Illustrations : 1, 3 & 4: Brigitte Lung, 2: Inge van Halder


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